Communiqués de presse

Mesures d’urgence requises pour aider les yézidis victimes de génocide

Parti conservateur du Canada | 21 juillet 2016

L’hon. John McCallum, C.P., député Ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et des Réfugiés Édifice Jean Edmonds, Tour Sud, 21e étage 365, avenue Laurier Ouest Ottawa (Ontario) K1A 1L1

Objet : Mesures d’urgence requises pour aider les yézidis victimes de génocide

Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration de la Chambre des communes vient de terminer son étude intitulée Mesures d’immigration pour la protection des groupes vulnérables. Comme cette étude a été réalisée pendant la relâche parlementaire, le comité ne pourra pas présenter un rapport exhaustif à la Chambre des communes avant la reprise des travaux à la fin septembre. Je prévois que la portée du rapport découlant de cette étude sera grande, compte tenu de la variété des sujets qui ont été soulevés.

Il y a toutefois plusieurs questions urgentes qui nécessitent une aide immédiate, liées au drame vécu par des groupes extrêmement vulnérables, soit les yézidis victimes de génocide.

Je vous presse d’envisager les mesures immédiates suivantes :

1.) Considérer la déclaration de génocide comme un appel à l’action immédiat pour le Canada, nécessitant une approche pangouvernementale (aide humanitaire, intervention militaire et rétablissement).

2.) Donner suite à la recommandation des Nations Unies de juin 2016 consistant à accélérer le traitement des demandes d’asile des yézidis victimes de génocide.

3.) Revoir le processus de sélection utilisé par les Nations Unies pour identifier les réfugiés pour la catégorie des réfugiés parrainés le gouvernement, et encourager des changements au besoin.

Nous avons entendu de nombreuses préoccupations quant à la longue attente (5 ans et plus) des yézidis victimes de génocide qui veulent être sélectionnés par le HCNUR. De nombreuses victimes de génocide ne peuvent pas rester dans les camps de réfugiés en raison de problèmes financiers et de la crainte d’une incidence de persécution accrue dans les camps. Nous avons aussi entendu des préoccupations quant à la capacité des victimes de génocide de se rendre dans les camps de réfugiés de l’ONU à des fins de rétablissement, et à la discrimination potentielle des yézidis par les représentants de l’ONU. Le fait est que très peu de yézidis ont été recommandés pour un rétablissement au Canada par les Nations Unies.

4.) Examiner la nécessité de rétablir l’exemption des réfugiés syriens et irakiens du plafond de la mission pour le programme de parrainage privé, afin de tirer pleinement profit de la générosité des parrains privés canadiens.

5.) Revoir le délai d’attente du traitement des demandes d’asile des victimes de génocide, pour le parrainage gouvernemental et privé, et améliorer le processus.

6.) Établir des objectifs précis du nombre de victimes de génocide accueillies par nos programmes de parrainage de réfugiés, et mettre des mécanismes en place pour évaluer si nous atteignons ces objectifs ou non afin de mesurer l’efficacité.

7.) Trouver des façons innovatrices d’identifier les victimes de génocide, car nombre de ces personnes ont de la difficulté à se faire identifier dans le cadre du processus de sélection de l’ONU.

8.) Former un comité consultatif ministériel chargé d’améliorer l’accueil des yézidis victimes de génocide au Canada, ce qui comprend des organisations ayant une expérience sur le terrain du travail avec les yézidis. Des comités consultatifs similaires pourraient être formés pour d’autres groupes qui sont victimes de génocide.

9.) Envisager d’avoir recours à l’article 25 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) pour accélérer l’accueil des yézidis victimes de génocide au Canada.

Monsieur le Ministre, les témoignages dévastateurs que nous avons entendus cette semaine nous obligent à mettre la politique partisane de côté et à agir, car l’existence même des yézidis est menacée. Notre gouvernement a tenté de traiter en priorité les minorités religieuses, ethniques et sexuelles persécutées, mais nous faisons face à un ennemi commun quant aux résultats, l’inertie de la bureaucratie.

Notre collègue du NPD Jenny Kwan va aussi vous écrire, présentant nombre de recommandations que je soutiens.

Sans le bénéfice d’une étude en comité, le premier ministre Trudeau a dit l’été dernier que l’accueil de 25 000 réfugiés au Canada n’était qu’une question de volonté politique. Étant donné que si peu de yézidis sont arrivés au Canada, j’espère que vous allez utiliser la même approche pour que le Canada aide à sauver les yézidis.

Avec beaucoup d’espoir,

L’hon. Michelle Rempel, C.P., députée Porte-parole de l’opposition officielle sur la citoyenneté, l’immigration et les réfugiés